Conference du mois: John Fullerton
Et si nous utilisions les principes et les schémas universels qui sous-tendent les systèmes vivants stables, sains et durables comme modèle pour concevoir nos systèmes économiques ?
C’était le sujet au cœur de notre récente conversation avec John Fullerton, fondateur du Capital Institute et penseur pionnier sur l’avenir de l’économie, lorsqu’il a visité Genève pour lancer son nouveau livre Regenerative Economics : Revolutionary Thinking for a World in Crisis.
John est arrivé à ce travail par un chemin inattendu : une longue carrière chez JP Morgan, où il a finalement dirigé de grandes opérations sur les marchés de capitaux avant de tout quitter. Dans les années qui ont suivi, il est parvenu à une conclusion qui a guidé tout le reste : l’économie mondiale telle qu’elle est configurée actuellement ne peut pas continuer. Non pas comme argument éthique, mais comme une question de physique. Une croissance infinie n’est pas possible sur une planète finie.
Nous avons traité l’économie comme une machine, alors qu’elle devrait fonctionner comme un système vivant. Les machines sont compliquées ; la vie est complexe. Les outils économiques que nous avons construits au cours du siècle dernier — nos modèles de risque, nos cadres de taux d’actualisation et le PIB — ont été conçus pour des problèmes compliqués et ne peuvent pas gérer adéquatement un avenir de plus en plus complexe. C’est ainsi, affirme John, que nous sommes arrivés à notre polycrise actuelle : des défis politiques, sociaux, économiques et écologiques se cascadant simultanément.
La transition à venir, suggère-t-il, ne concerne pas une réforme progressive. Elle exige une transformation. La bonne analogie étant la métamorphose. Lorsqu’une chenille se transforme, son système immunitaire — la chose même qui la protège — doit se dissoudre avant que quelque chose de nouveau puisse se former. Le système financier est le système immunitaire de notre économie actuelle. Le déconstruire et déterminer à quoi devrait ressembler un nouveau système adapté à notre époque est la tâche centrale de notre temps.
Les principes de vitalité régénératrice que John a développés offrent un point de départ pour accomplir cet exploit monumental. Ce ne sont pas des lois, mais des schémas observables tirés des systèmes vivants : l’importance des relations sur les parties (en juste relation), la valeur de la résilience sur la pure efficacité (équilibre dynamique), et la reconnaissance que c’est le maillon le plus faible d’un système qui détermine sa santé globale, et non le plus fort.
John a conclu sur une note d’espoir : il suffit de 7 % pour qu’un point de bascule se produise. 7 % de personnes engagées à construire quelque chose de nouveau. Chacun d’entre nous doit faire son travail et son chemin individuels, et heureusement, les jeunes trouveront ce changement bien plus facile que ceux formés sous l’ancien paradigme.
Nous avons quitté la salle avec beaucoup de matière à réflexion. Et le sentiment que penser différemment est exactement là où nous devons commencer.
Si vous êtes intéressé par le travail de John, visitez son site web où vous pourrez trouver son livre et ses cours en ligne.
