Sélection de lectures d’été SFG 2026
La finance durable va vite. L’été, lui, n’a pas à en faire autant. Nous avons sélectionné des lectures qui méritent qu’on prenne le temps de s’y plonger, des ouvrages qui s’attaquent aux grandes questions autour du capital, du climat et du futur que nous construisons ensemble. Bonne lecture!
- Serendipity: it doesn’t happen by accident – David Cleevely (2025) Uniquement en anglais
Nous avons tendance à considérer la sérendipité comme de la pure chance. Cleevely défend le contraire. Fort de plusieurs décennies d’expérience en tant qu’entrepreneur, investisseur et bâtisseur de réseaux, il plaide pour ce qu’il appelle la « sérendipité ingéniée » : la conception délibérée d’environnements et d’interactions qui rendent les découvertes précieuses bien plus probables. De la Silicon Valley à la Lunar Society du XVIIIe siècle, les percées ne surviennent pas par hasard — elles se construisent. Une lecture à la fois pratique et stimulante pour quiconque cherche à créer davantage d’opportunités, pour soi ou pour son organisation
- Abundance: The Future Is Better Than You Think – Diamandis & Kotler (2012) Uniquement en anglais
Les grands titres de presse nous disent que le monde va plus mal que jamais. Diamandis et Kotler s’y opposent. S’appuyant sur de nombreuses recherches et entretiens avec des innovateurs de premier plan, ils soutiennent que quatre forces convergentes — les technologies exponentielles, l’innovation DIY de terrain, la technophilanthropie et le milliard de personnes nouvellement connectées à l’économie numérique — sont en train de résoudre discrètement les grands défis de l’humanité. De l’eau potable à la santé et à l’éducation, l’abondance pour tous n’est pas une utopie, mais une réalité à portée de main. Un antidote bienvenu au pessimisme ambiant, et une lecture indispensable pour quiconque œuvre à l’intersection de la technologie, de la finance et de l’impact.
- Higher Ground: How Business Can Do the Right Thing in a Turbulent World – Alison Taylor (2022) Uniquement en anglais
Le capitalisme des parties prenantes est facile à défendre, difficile à mettre en œuvre. Alison Taylor, professeure clinicienne à NYU Stern et ancienne conseillère de grandes multinationales en éthique et lutte anti-corruption, démêle le sujet avec un guide pratique à destination des dirigeants naviguant dans un contexte d’attentes croissantes. Quand une entreprise doit-elle prendre position sur des enjeux sociaux ? Comment bâtir une culture de responsabilité authentique ? Comment équilibrer les pressions des actionnaires ? Taylor n’apporte pas de réponses toutes faites — elle propose un cadre réaliste pour les entreprises qui souhaitent agir avec intégrité et en faire un avantage stratégique durable. Une lecture incontournable à l’intersection du monde des affaires, de la gouvernance et du développement durable.
- The Dark Pattern: The Hidden Dynamics of Corporate Scandals – Palazzo & Hoffrage (2021) Uniquement en anglais
Les scandales d’entreprise sont généralement racontés comme des histoires de mauvais acteurs. Palazzo et Hoffrage, tous deux professeurs d’éthique des affaires à l’Université de Lausanne, estiment que cette lecture passe à côté de l’essentiel. La plupart des comportements fautifs ne sont pas le fait de personnes malveillantes, mais d’individus ordinaires devenus éthiquement aveugles. En s’appuyant sur les sciences comportementales, ils identifient neuf éléments toxiques qui érodent silencieusement la boussole morale d’une organisation. Une lecture précieuse pour quiconque s’intéresse sérieusement à la gouvernance, à la conformité et à la construction d’institutions véritablement résilientes.
- La machine à détruire : pourquoi il faut en finir avec la finance – Aline Farès (2024) Uniquement en français
Un roman graphique aussi accessible qu’engagé. Ancienne banquière reconvertie en militante, Aline Farès retrace son parcours personnel pour décrypter les mécanismes de la finance contemporaine — des crises à répétition aux renflouements bancaires, en passant par la montée des inégalités et l’affaiblissement des États. Avec humour et rigueur documentaire, elle pose une question centrale : les solutions financières, y compris la finance verte, sont-elles vraiment à la hauteur des enjeux ? Un regard critique et salutaire, particulièrement pertinent pour quiconque travaille à la transformation du système financier.
- Prophecy: Prediction, Power, and the Fight for the Future – Carissa Véliz (2026) Uniquement en anglais
Des oracles de la Grèce antique aux algorithmes de scoring de crédit d’aujourd’hui, le business de la prédiction a toujours été une affaire de pouvoir. La professeure d’Oxford Carissa Véliz soutient que l’IA moderne joue le même rôle que les prophètes et astrologues du passé : transformer l’incertitude en autorité sur la vie des autres. Qu’il s’agisse d’une demande de prêt, d’un recrutement ou d’une décision médicale, les prévisions algorithmiques agissent de plus en plus comme des verdicts. Aussi rigoureux qu’agréable à lire, le livre plaide de façon convaincante pour que nous cherchions non pas davantage de prédiction, mais une meilleure préparation — et la liberté de vivre des vies qui n’ont pas été pré-assignées par le modèle de quelqu’un d’autre.
- Braiding Sweetgrass – Robin Wall Kimmerer (2013) En anglais et en français
Et si les plantes pouvaient nous enseigner la réciprocité, la gratitude et l’art de vivre dans nos limites ? Botaniste et membre de la nation Potawatomi, Robin Wall Kimmerer tisse savoirs autochtones et connaissances scientifiques pour proposer une refondation radicale de notre rapport au monde vivant. Une lecture poétique et ancrée, qui remet en question en douceur les présupposés qui structurent notre façon de valoriser le vivant.
- The Overstory – Richard Powers (2018) En anglais et en français
Neuf inconnus sont réunis par des arbres : un châtaignier transmis de génération en génération, un séquoia sentinelle, un mûrier qui survit à une famille entière. Tandis que leurs destins convergent autour de la lutte pour protéger les dernières forêts primaires d’Amérique du Nord, le roman s’appuie sur la science de la communication végétale pour affirmer que les arbres pensent, communiquent et agissent sur des échelles de temps que les humains perçoivent à peine — et que la véritable tragédie de la déforestation n’est pas la perte d’une ressource, mais la destruction d’une civilisation plus ancienne que la nôtre. Prix Pulitzer de fiction 2019.
